fév 20
“The Wrestler”: un rôle sur mesure pour Mickey Rourke
Après quinze ans sans grand rôle, Mickey Rourke fait un superbe come-back dans ce bouleversant portrait d’un vieux catcheur abîmé par les combats.
SensualitĂ©, magnĂ©tisme et charisme: Mickey Rourke Ă©tait le Marlon Brando des annĂ©es 80. Puis vint la descente aux enfers, il abandonna les plateaux de cinĂ©ma pour les rings de boxe et sombra dans l’oubli… On le croyait disparu, abĂ®mĂ© par la boxe, le botox et l’alcool, dĂ©laissĂ© par les rĂ©alisateurs et le grand public… C’était oublier sa capacitĂ© Ă faire un “comeback” fracassant, avec sa gueule cabossĂ©e, sa dĂ©gaine de rock star sur le retour, et son talent, immense…
La rĂ©putation du film n’est plus Ă faire, celle de Mickey Rourke non plus. TournĂ© en un mois, avec de vrais catcheurs, dans un style quasi-documentaire, “The Wrestler” offre un panorama âpre de la dĂ©chĂ©ance des rois du ring. Des stars adulĂ©es puis mises au ban de la sociĂ©tĂ©, sans syndicat, sans retraite, sans couverture sociale.
Mickey Rourke a fait le parallèle avec sa propre vie, une vie de seconde zone. Alors il s’est investi à fond: il a réécrit la plupart de ses dialogues et s’est entraîné chaque jour avec un lutteur professionnel israélien. Résultat: une performance hallucinée, d’une tristesse absolue, à ne pas manquer.
Pas de commentairesfév 6
Poignante, originale, “ L’étrange histoire de Benjamin Button ”
La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos dix-huit ans ”: cette réflexion de l’écrivain américain Mark Twain a inspiré une brève nouvelle à Francis Scott Fitzgerald, publiée en 1922 sous le titre “ The curious case of Benjamin Button ”. Cet éblouissant film-fleuve de David Fincher nous invite à méditer sur le temps à travers le curieux destin d’un homme qui vit sa vie à l’envers.
Pas moins de treize nominations aux Oscars sont venues saluer cet Ĺ“uvre hors du commun. Vieilli par le maquillage conjuguĂ© aux effets numĂ©riques qui ont permis de superposer son visage au corps d’un acteur âgĂ©, Brad Pitt incarne Benjamin Button. AbandonnĂ© dès sa naissance en 1918, Benjamin grandit dans un hospice pour vieux de la Nouvelle-OrlĂ©ans, Ă©levĂ© par une domestique. FrappĂ©, enfant, des stigmates de la vieillesse, il voit son existence s’écouler Ă rebours, rajeunissant au fil des annĂ©es. Un jour, il croise Daisy, une ravissante fillette (Cate Blanchett, remarquable) qu’il sait ĂŞtre la femme de sa vie… mais vivront-ils cet amour?
Le spectateur est immédiatement happé par le romanesque de cette fable. Tous les personnages de ce film nanti d’une photographie superbe et d’une bande-son subtile sont engagés dans une intense confrontation avec la mort. Souvent drôle, “ L’étrange histoire de Benjamin Button ” est nostalgique, poignant et profondément romanesque.
 M.Pa.
Pas de commentaires
jan 30
“Walkyrie”, un épisode méconnu de la 2e Guerre Mondiale
Bryan Singer, rĂ©alisateur de “ Usual Supects ”, “ X-Man ” et “ Superman ” choisit de mettre en lumière la plus cĂ©lèbre tentative d’attentat contre Hitler, le “Complot du 20 juillet”, qui s’est soldĂ©e par un cuisant Ă©chec et l’exĂ©cution le soir mĂŞme des conspirateurs. L’un des Ă©pisodes les plus hĂ©roĂŻques mais aussi l’un des plus mĂ©connus de la Seconde Guerre mondiale, lorsque, entre 1943 et 1944, des officiers allemands, conscients de la barbarie dans laquelle s’était engagĂ© leur pays, ont tentĂ© d’assassiner Hitler.
Tom Cruise, toujours excellent, y campe l’officier allemand, fidèle serviteur de son pays, le colonel Stauffenberg, qui serait chargé d’assassiner le Fürher.
Afin de mieux cerner le personnage de Claus von Stauffenberg, Bryan Singer a rencontré plusieurs membres de sa famille, ainsi que le garde du corps d’Hitler, sans doute la dernière personne à avoir quitté le bunker avant le suicide de ce dernier. Tourné à Berlin même, le film bénéficie d’une reconstitution historique minutieuse qui participe grandement à son réalisme.
Le film, comme d’habitude mené de main de maître dans la lignée du cinéma hollywoodien, s’est vu reprocher un manque d’approfondissement du contexte de l’époque et de la psychologie des personnages, autant que son interprétation par des acteurs anglais et américains. Mais il n’en reste pas moins un excellent film d’action.
Pas de commentairesjan 16
”Slumdog Millionnaire”: un superbe portrait de l’Inde d’aujourd’hui
Danny Boyle, à qui nous devons déjà ”Trainspotting ” et ”Millions ”, aborde de nouveau ici son sujet favori: l’argent et ses conséquences. Agrémenté cette fois par une sauce très “ Bollywoodienne ” puisque l’action se déroule en Inde.
Un jeune Indien issu des bidonvilles y est sur le point de remporter la somme considérable de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission: ”Qui veut gagner des millions ”? A une seule question de la victoire, la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.
Sur une mise en scène énergique, le réalisateur nous livre un scénario riche, même s’il est parfois un peu prévisible, des images splendides, ruisselantes de couleur, à la mesure du pays qu’elles décrivent. Des acteurs d’origine indienne, méconnus chez nous, tels Dev Patel et Freida Pinto, ou débutants, portent le film avec brio.
Les thèmes classiques comme l’amour, l’argent, le pouvoir sont assumés de bout en bout. Danny Boyle brosse un portrait saisissant de l’Inde contemporaine. Certaines situations grotesques, comme sorties de nulle part, risqueront de vous désarçonner, mais l’ensemble se relève à la fois intéressant et plaisant.
Avec ”Slumdog Millionnaire ”, d’ailleurs rĂ©compensĂ© par quatre Golden Globes, Danny Boyle nous donne l’occasion de goĂ»ter aux piments du cinĂ©ma indien. Nous aurions tort de bouder notre plaisir…
Pas de commentairesjan 9
“Une chaĂ®ne pour Deux”, c’est belge et très rĂ©ussi!
Le cinĂ©aste est belge, le producteur est belge, les acteurs et figurants aussi! Et le film fut tournĂ©… en Belgique, dans la rĂ©gion de Binche (Hainaut). Le budget Ă©tait Ă©galement de chez nous, c’est-Ă -dire tout petit. Et le rĂ©sultat est “ Une chaĂ®ne pour deux ”: une grande rĂ©ussite!
“ J’avais envie de raconter l’histoire de ces ouvriers d’une PME qui se retrouvent confrontés à la brutalité des méthodes de gestion d’une grosse boîte, et qui vont se battre jusqu’au bout pour sauver leur boulot, au risque de perdre leur part d’humanité… ”
Basée sur une expérience personnelle du réalisateur, un travail dans une usine de fabrication de vélo, cette comédie sociale s’ancre profondément dans la réalité quotidienne du plus grand nombre.
DrĂ´le, prenante, parfois dĂ©concertante, elle traite d’un sujet qui peut nous concerner tous un jour ou l’autre. Comment rĂ©agirions-nous pour dĂ©fendre notre boulot? La rĂ©flexion entamĂ©e se poursuit avec autres pistes, tout aussi intĂ©ressantes: les rachats et restructurations des petites PME, le rĂ´le jouĂ© par les consultants, les limites et consĂ©quences de la mondialisation… Un humour bon enfant et une gaietĂ© contagieuse viennent pourtant se greffer sur ce fond de drame social.
Un agréable moment de cinéma belge, sincère et direct, dont on sort ragaillardi.
Pas de commentairesjan 2
“Duchess”, splendide prestation de Keira Knightley
pas produire une biographie complète : “ Nous voulions faire un film Ă l’histoire dense et intense… Nous nous sommes donc concentrĂ©s sur son couple et une pĂ©riode particulière de sa vie. Bien que l’histoire se dĂ©roule au XVIIIe siècle, les parallèles avec notre monde contemporain sont extraordinaires, ce qui en fait une histoire intemporelle et par-lĂ mĂŞme très actuelle. ”
Comme Lady Diana, dont elle est l’ancĂŞtre, Georgiana, Duchesse du Devonshire, est une femme belle, charismatique, et adulĂ©e par la population. MariĂ©e au richissime Duc, elle est contrainte d’accepter un mĂ©nage Ă trois avec la maĂ®tresse de celui-ci, Bess, qui est aussi sa meilleure amie… Insatisfaite, elle va s’engager dans la vie publique en faisant campagne pour le parti libĂ©ral et en luttant pour les droits des femmes.“ Georgiana et Diana Ă©taient toutes deux des femmes intelligentes et puissantes, explique Amanda Foreman, qui ont Ă©tĂ© mises en pièces par la presse et se sont battues pour se reconstruire et devenir au final les femmes qu’elles voulaient ĂŞtre. ”
Au casting, deux superbes pointures comme Ralph Fiennes et Keira Knightley, sans oublier Charlotte Rampling. Ce film historique exceptionnel tourné en décors naturels vous tiendra en haleine, distillant une émotion irrésistible savamment dosée. À découvrir!
Pas de commentairesdéc 26
“Two Lovers”, Ă la dĂ©couverte d’un amour sombre et magnifique
Après “ The Yards ” et “ La Nuit nous appartient ”, c’est la troisième fois que James Gray choisit Joaquin Phoenix pour jouer le rĂ´le principal d’un de ses films. Le personnage de Leonard a d’ailleurs Ă©tĂ© Ă©crit en pensant Ă lui. “ Joaquin est comme un frère pour moi. Nous sommes proches d’une façon rare. Ensemble, nous avons parlĂ© de ce que nous voulions explorer chez le genre humain. Joaquin a une perception et une comprĂ©hension très aiguĂ«s du comportement humain, de ce que sont les gens et de ce qui les motive. ” Le sujet du film Ă©tonne aussi. Pour la première fois, il n’y est pas question Mafia, son thème de prĂ©dilection, qui Ă©tait au coeur des trois prĂ©cĂ©dents. Mais mĂŞme s’il s’agit d’une histoire d’amour, la noirceur est encore au rendez-vous. “ Two Lovers ” raconte l’histoire de Leonard Karditor, un jeune homme dĂ©chirĂ© entre deux femmes. Au dĂ©but, il vient de revenir chez ses parents Ă New-York après voir vĂ©cu un Ă©chec amoureux dont il souffre encore Ă©normĂ©ment…
L’une des sources d’inspiration de James Gray pour ce film est Nuits blanches, “ une nouvelle de Dostoievski sur un homme qui dĂ©veloppe un amour platonique et une vĂ©ritable obsession pour une femme qu’il rencontre dans la rue ”.
Présenté en Sélection officielle en compétition, au Festival de Cannes en 2008, ”Two Lovers ” est LE film d’amour qui va vous changer des films d’amour. Ne boudez pas votre bonheur!
Pas de commentairesdéc 12
“Australia”…. un voluptueux parfum de films Ă l’ancienne
Dans la lignée des grands films romantiques nostalgiques, des ”Autants en emporte le vent ”, ”Out of Africa ” et autres ”Titanic ”, ce nouveau film de Baz Luhrman constitue la diversion rêvée en d’année. Laissez-vous emporter par cette grande fresque d’amour et d’aventure qui réunira devant un même écran des familles entières.
RĂ©alisĂ©, tournĂ© en Australie par un Australien et avec des acteurs australiens, l’intrigue dĂ©bute Ă la fin des annĂ©es 30. Ă€ cette Ă©poque: ”C’Ă©tait le bout du monde et on y trouvait des ĂŞtres extrĂŞmes. Il y avait l’administration anglaise; des cow-boys cohabitaient avec des chercheurs d’or, des colons britanniques, une forte influence asiatique, des pĂŞcheurs de perles grecs, une nombreuse population locale aborigène, et d’autres Ă©lĂ©ments tout aussi disparates. ”, confie Baz Luhrman. Il aborde aussi l’histoire des «gĂ©nĂ©rations volĂ©es», de ces enfants aborigènes (souvent mĂ©tis) enlevĂ©s Ă leurs familles par le gouvernement australien jusque dans les annĂ©es 60 pour mieux les assimiler. Le jeune arborigène Brandon Walters qui incarne l’un d’entre eux, n’était jamais sorti de son petit village et apporte ce qu’il faut d’humour et d’innocence. En pleine prĂ©-production, Batz a d’ailleurs quittĂ© ses Ă©quipes pour passer du temps avec la famille du jeune garçon.
… De l’amour, du drame et de l’action: rĂ©sisterez-vous à ”Australia ”?
Pas de commentairesnov 27
MUSEE HAUT, MUSEE BAS - Michel Blanc: “Les BronzĂ©s 4? Ce serait une erreur”
Il refuse de ressusciter Jean-Claude Dusse, mais vous fera rire dans “ Musée haut, musée bas ” ce mercredi dans nos salles .
Michel Blanc revendique cet ovni dans le cinéma français où se côtoient 120 acteurs.
“ Je m’y sens bien. Ca vient de ce grain de folie que j’aime tant, ce surréalisme que vous avez aussi en Belgique. Le réalisateur Jean-Michel Ribes a travaillé avec Topor, c’est son humour, un humour engagé et qui dit des choses ”. Il a marqué la télé avec “ Palace ”, mais la télé n’en veut plus. “ Aujourd’hui, il ne pourrait plus faire “ Palace ”. TF1 est en crise et France Télévisions se demande quel budget elle va encore avoir. Ce qui les mène à des réflexions pas très artistiques. Je suis pour la suppression de la publicité, mais il faut donner à la télévision publique les moyens de financer des films comme “ Les Témoins ” d’André Téchiné, que le privé ne fera pas car elle a une autre logique ”.
Lire la suite
nov 21
Avec des “si”… L’empire ottoman rĂ©publique refait le monde
A Thessalonique en 1888, un garçon blond aux yeux bleus, essaie de dĂ©crocher une cage d’oiseau. Une branche cède sous son poids et Ataturk est perdu pour l’histoire. A Istanbul en 2008, L’État Ottoman continue Ă exister comme monarchie parlementaire, et se nomme “ RĂ©publique Ottomane ”. Le pays est gouvernĂ© par les États-Unis, et seules les tâches reprĂ©sentatives sont allouĂ©es au Sultan Osman VII. Les jours s’Ă©coulent dans le calme quand il tombe amoureux de la belle Ă©tudiante Asude, qui ne lui est pas envoyĂ©e par le sort…
Dans cette oeuvre satirique captivante, partant d’une hypothèse “ et si… ”, Gani Mujde nous invite Ă nous poser des questions cruciales. Si AtatĂĽrk n’avait pas existĂ© et si l’Etat Ottoman existait encore aujourd’hui, Ă quoi ressemblerait le monde?
Pour la première fois dans l’histoire du cinĂ©ma turc, un projet ose poser ce genre de questions. Et, comme prĂ©vu, des semaines avant le lancement du film, un grand dĂ©bat naissait en Turquie : l’art peut-il jouir de la libertĂ© de reprĂ©senter, mĂŞme Ă titre fictif, la Turquie sans AtatĂĽrk?
“L’Empire Ottoman RĂ©publique” est l’un des dix films les plus rĂ©ussis du cinĂ©ma turc et un parfait exemple de la ridiculisation cinĂ©matographique de l’histoire officielle. Un film aptyique et rĂ©jouissant. A dĂ©guster…
M.Pa.
Pas de commentaires







