“Le Contrat” par John Grisham (chez Robert Laffont)
Pour son 28e roman, John Grisham revient au genre qui a fait ses plus grands succès : le pur thriller juridique. L’histoire s’ouvre sur le triomphe du Bien sur le Mal : les 12 jurés du tribunal de Hattiesburg ont condamné lourdement Krane Chemical pour avoir empoisonner l’eau d’une ville et provoqué des cancers par dizaines? Justice est faite… semble-t-il. Mais Carl Trudeau, propriétaire de Krane Chemical, est prêt à tout pour que le jugement en appel tourne en sa faveur. Découvrez la critique du roman, par Christophe Van Impe.
Avec “Le Contrat”, John Grisham revient à ses premières amours: le thriller juridique, celui qui vous dégoûterait de l’appareil juridique et du milieu politique. L’histoire se passe au Texas. La firme multi-milliardaire Krane Chemical est condamnée par les douze jurés du tribunal de Hattiesburg à verser 41 millions de dommages et intérêts. Que lui reproche-t-on exactement pour en arriver là? D’avoir inlassablement déversé des restes toxiques dans une nappe aquifère en contrebas de la ville, provoquant la pollution de l’eau potable et causant des cancers et des décès à la chaîne. La lourde sentence à peine tombée, l’action de Krane Chemical entame une rapide descente aux enfers jusqu’à atteindre des records peu glorieux. Carl Trudeau, l’éminent mais peu recommandable PDG de la boîte, décide pourtant qu’il ne versera pas un seul centime de ce qu’il reste de sa fortune aux victimes et à leurs familles. Il entame une longue procédure d’appel mais surtout un mécanisme machiavélique. Il va soutenir mordicus un candidat au poste de juge de la Coup Suprême: Ron Fisk. Celui-ci a tout pour plaire et, une fois au sommet de la pyramide, il devrait pouvoir renverser la décision du tribunal en faveur de Krane Chemical sans trop de problèmes. C’était cependant sans compter sur un événement inattendu, juste au moment de la nomination de Frisk… Confronté à un délicat conflit d’opinion suite à un drame familial, celui-ci osera-t-il encore trancher en contradiction avec ses propres principes? Machiavélisme, ambivalence, corruption, manipulation,… tout y est et John Grisham (”La firme”, “L’affaire Pelican”,…) réussit encore une fois un coup de maître. (CH.V.I.)
